Bienvenue en Arménie

CULTURE

Malgré les nombreuses difficultés de sa longue histoire, l'Arménie a su créer des richesses culturelles inscrites dans la pérennité. Des premiers royaumes à l'invention de l'alphabet arménien en passant par la christianisation du pays, elle a su profiter de chaque événement comme outil ou inspiration de son œuvre culturelle.

 

ART

L'art arménien a été profondément influencé par la culture de l'Arménie, sa longue histoire et la diversité de sa géographie.
 Dès la préhistoire, l’Arménie fut l'un des premiers centres du travail du bronze, du fer, de l'argent et de l'or. Les fouilles réalisées sur le site ourartéen de Karmir-Blur ont permis la découverte de nombreux objets ménagers, d'ornements de meubles et de pièces d'équipement militaire, des vases, des bijoux, des médaillons et des amulettes.

L'art de la broderie et du tissage des tapis, le tressage des dentelles, la production de poterie, de céramique, de bijouterie ont marqué l’art arménien à différentes époques de son histoire.
L’adoption du christianisme comme religion d’État (301-313) et la création de l’alphabet arménien (404-405) constituent  les deux événements majeurs autour desquels on peut articuler une histoire de l'art arménien : un art païen du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle après J.-C., et un art chrétien du IVe au XVIIIe siècles. C'est dans ce contexte religieux chrétien que le génie artistique arménien s'est épanoui pleinement dans les domaines aussi différents que l’architecture, la littérature, l’enluminure des manuscrits, la sculpture, la peinture, etc.


 

ARCHITECTURE

L'architecture arménienne, une des richesses de la culture arménienne, bénéficie d'une place à part dans l'architecture internationale.

Pendant la période ourartéenne de l'histoire arménienne (du 9e au 6e siècle avant J.C.), les traditions architecturales de l’Arménie se sont développées et améliorées. On reconnaît aux Ourartiens des compétences particulières en développement de villes (Ainili, Tushpa, Argishti, Erebuni), en construction d’ensembles palatiaux et en conception de leur riche décoration intérieure. Les traditions d'architecture urbaine, ainsi que les autres formes d'art de cette Arménie pré-chrétienne, connaissent un nouvel élan sous l'influence de l'art hellène et romain. Le temple de Garni est le seul monument païen subsistant dans l'Arménie actuelle.

L'Arménie connaît une nouvelle phase de développement avec l'adoption du christianisme comme religion d'État en 301 après J.C., tous en conservant ses anciennes traditions.

Dans les premiers temps (du 6e au 7e siècle), l'architecture religieuse produit de nombreuses basiliques à dôme. L'architecture arménienne crée son style national avec la construction des cathédrales d'Etchmiadzine, d'Ererouk, de Hripsimé, de Zvartnots, du monastère de Géghard. 

Du 9e au 14e siècle, l'architecture arménienne suit la même voie et produit de nouveaux chefs-d'oeuvre : les monastères d'Amberd, Tatev, Aghtamar, Marmarashen, Sanahin, Haghpat, Ketcharis, Haghartzin, Goshavank, Magaravank, Ohanavank, Harichavank et Noravank. 

Une manifestation exceptionnelle de l'art arménien médiéval sont les monuments appelés khatchkars (croix-pierres) autrefois présente sur tout le territoire de l'Arménie historique et aujourd'hui particulièrement préservée en Arménie. Ils seraient les descendants d'une lignée remontant aux pierres dressées, comme celles de Zorats Karer, en passant par les pierres vishap (pierres « dragon »), par les stèles urartéennes, par les stèles chrétiennes de l'époque pré-arabe et par les colonnes, comme celles d'Odzoun, de la même période.

Après la conversion au christianisme, le symbole de la croix de bois de la foi nouvelle fut érigé dans de nombreux sanctuaires arméniens. Les premiers essais de remplacement de la croix de bois par une croix de pierre apparaissent entre les 4e-7e  siècles. Ces croix de pierre sont utilisées pour  de nombreux usages : marquer une victoire militaire, commémorer un acte historique, célébrer l'achèvement de la construction d'églises, de fontaines, de ponts, etc.

Depuis le 17 novembre 2010, « l’art des croix de pierre arméniennes. Symbolisme et savoir-faire des Khachkars » figure sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.


 

LITTERATURE 

La littérature arménienne proprement dite se développe parallèlement à la poésie de ce même pays. Les deux sont très liées. Dans son histoire, il y a plusieurs âges d'or et plusieurs courants littéraires : l'historiographie du 5e siècle, la poésie du 10e au 14e siècles, et la « révolution littéraire arménienne » du 19e siècle.

Quand l'Arménie devient chrétienne, et quand elle invente son propre alphabet — vers 405 grâce au moine Mesrop Machtots — la littérature arménienne commence à se développer. Au Ve siècle, cette littérature se présente sous forme d'historiographie : Moïse de Khorène écrit une magistrale Histoire de l'Arménie, relatant l'histoire de son pays jusqu'à son époque. Parallèlement, Agathange écrit lui aussi une Histoire de l'Arménie.

Au cours du haut Moyen Âge en général, la littérature arménienne est peu connue. Mais, à partir de la fin du Xe siècle, les romans, et plus particulièrement la poésie, se développent considérablement. Certains poètes jouissent d'une grande renommée, dont Grégoire de Narek (Krikor Narekatsi). Tous ces écrits sont religieux ou influencés par la religion.

La littérature en Arménie est, au cours de la Renaissance et des XVIIe et XVIIIe siècles, peu abondante. Au cours du XIXe siècle se produit une sorte de « révolution littéraire arménienne » (Raffi, Toumanian, Demirdjian). Les romans ne ressemblent plus à des apologétiques ou à des panégyriques ; les auteurs utilisent l'arménien courant, et leurs histoires sont plus « libres » (les auteurs sont la plupart du temps des intellectuels libres-penseurs). Surtout, les romans arméniens sont en grand nombre à cette époque. Ils se modernisent considérablement.

Actuellement, la littérature arménienne — ou de la diaspora — est assez abondante et d'un style assez moderne (ainsi que la poésie).


 

MUSIQUE

De par ses diverses situations géographiques et ses influences différentes tout au long de son histoire, l'Arménie a une longue tradition musicale faite de musique folklorique, religieuse, classique et, plus récemment, de jazz et de rap.

L'Arménie possède un folklore extrêmement riche, et autant de danses qu'elle compte de régions. La musique folklorique nous a été transmis par les  achoughs, équivalent des bardes, ménestrels et autres troubadours du Moyen Âge, conteurs populaires allant de village en village, pour y porter la bonne parole héritée des anciens, avec ou sans accompagnement musical.

Les instruments de musique traditionnels sont « kamantcha », « tar », « santour ». Neanmoins, s'il y a un instrument unanimement apprécié pour faire sentir l'âme de la musique arménienne, c'est bien le doudouk, un instrument à vent en bois d'abricotier. La sonorité sombre et douce crée un climat musical toujours reconnu comme nostalgique. Dans sa forme traditionnelle, il est en général joué par paire; le premier doudouk faisant la mélodie et le second tenant la fondamentale du mode (le dam). Deux doudouks et un dehol forment un trio apprécié dans la musique arménienne. Actuellement en Arménie, les interprètes les plus connus sont Djivan Gasparyan, Vatche Hovsepian, Levon Minassian, Guevork Dabaghian. Depuis quelques années, le doudouk est devenu un instrument très populaire parmi les compositeurs de musique de films, on retrouve ainsi cet instrument dans les musiques des films suivants : « Mayrig » de Henri Verneuil, « Gladiator » de Hans Zimmer, « Vu du ciel » de Yann Arthus-Bertrand, etc.

 


 

CINÉMA

Le cinéma arménien est né avec son premier film documentaire, Soviet Armenia en 1924. Dirigé par Hamo Beknazarian, «Namus» est le premier film muet arménien, en 1926. En Arménie, la période du muet aura duré dix ans, durant lesquels seront tournés trente et un films de fiction et près de quarante documentaires, sans compter les actualités et les journaux thématiques.
Le premier film arménien sonore est Pepo (1935). C'est dans Pepo que l'on entendra pour la première fois à l'écran la musique d'Aram Khatchatourian.

Certains réalisateurs arméniens, comme Levon Mkrtchyan, se sont fait connaître par leurs documentaires. Le cinéma d'animation arménien a acquis une certaine réputation, tant par son originalité que par une utilisation significative de la musique. Le premier film d'animation arménien apparaît en 1937, Lev Atamanov réalise en 1955 Le Chien et le chat, mais il faudra attendre 1967 pour assister à une production de films régulière. 

Sergueï Paradjanov est un des maîtres du cinéma arménien, avec notamment «La couleur de la grenade». Il a fortement influencé le cinéma arménien mais surtout les clips. L’univers cinématographique arménien connait aussi d’autres grands noms : Frounzé Dovlatian, Arman Manarian, Artavazd Pelechian, Guenrikh Malian, Atom Egoyan et bien d’autres.